Interview: Annika and the forest.

14368640_1239772372733635_3936535221779660555_n

Originaire de Suède, Annika a voyagé un peu partout dans le monde. Errant aujourd’hui dans un style pop, elle n’hésite pas à le décliner pour faire de son univers musical un petit bijou à la fois arty, mélancolique et électronique.
En septembre, Annika partageait sur la toile un tout nouvel EP 4 titres intitulé « A piece of she ».
Un petit morceau d’elle qu’elle nous dévoile également le temps d’une interview où elle nous parle de sa musique.

Bonjour Annika and the forest ! Peux-tu te présenter en quelques mots pour commencer ?
Je m’appelle Annika, je suis Suèdoise, mais j’ai grandi un peu partout dans le monde, et j’habite actuellement à Paris.

Alors tu es une artiste solo mais sur scène tu t’entoures de divers musiciens de talent c’est bien ça ?
Oui c’est bien ça : J’ai beaucoup de chance car en effet ce sont tous des musiciens très talentueux… Il y a des musiciens qui participent surtout aux enregistrements, tel qu’Alexis Anerilles ou Edith Fambuena, et il y a ceux qui m’accompagnent sur scène. Parmi ceux qui m’ont accompagné à ce jour sur scène, (mais pas tous en même temps 😉 depuis A PIECE OF SHE : Zoé Hochberg ; sur CHROMATIC Sébastien Adam, Charlotte Patel, Caroline Geryl, et sur les premiers EP : Victor Paimblanc, Valentine Duteil, Franck M’boueke…

Tu te définis comme une artiste « Arty Pop / Alternative Pop / Electronic Pop / Pop ». Un véritable amour pour la pop donc ?
Oui et je rajouterais peut-être même « Pop Mélancolique »… C’est drôle quand j’ai commencé à composer il me semblait que la pop serait peut être trop « simple », mais aujourd’hui j’ai encore trouvé, (car tel était le cas en art plastique également), que les choses simples peuvent, à mon avis,être les plus complexes et les plus étonnantes des choses qu’on puisse découvrir, créer, et partager… Ensuite on peut entourer une mélodie Pop d’un milliard de façons différentes, ce qui engendre des styles de musiques différents, mais mes mélodies sont en effet, simple, et pop.

Quelles sont tes influences musicales ?
La voix de Kate Bush m’a étonné quand j’ai vu« Babushka » à la télé quand j’étais petite, celle de Nina Simone m’a transpercé quand j’ai découvert « If I Should Lose You », celle de Billy Holiday m’a envoutée quand j’ai écouté « The End Of A Love Affair » enregistrer et re-enregistrer sur l’album « Lady in Satin » où chaque prise était parfaite.Mais elle reprenait la prise comme si elle ne voulait pas que l’histoire d’amour se termine… Celle de Beth Gibbons, (de Portishead), m’a semblé me chuchoter d’oser élever ma voix.
Il y avait aussi la musique avec laquelle je me baladaisau casque dans les rues en tant que « teenager » avec mes jeans percés et ma moto de sport à 16 ans, Pink Floyd, The Cure, the Pixies, Nirvana. Et ensuite, à l’école d’art, Divine Comedy, puis Anthony and the Johnsons « Hope there’s someone », Connan Mockasin, … et il n’y a pas si longtemps, Frida Hyvönen, Fever Ray…
Je reste aussi éperdument influencée par mes débuts en tant que plasticienne et sculptrice, et de mes 5 ans en école d’art : Tony Cragg, Rebecca Horn, Anish Kapoor…

Alors ton EP 4 titres « A piece of she » est disponible depuis septembre. Peux-tu nous dire quelques mots sur sa conception, sa composition … ?
Je l’ai composé comme un journal. Chaque morceau est un témoin des étapes traversées où l’on affronte celui qu’on est, où l’on fait un point sur ses faiblesses, ses forces, et sur toutes ces choses qui restent et quine devraient plus prendre autant d’importance. Mais également ces choses auxquelles on oubli de donner de l’importance et celles auxquelles on est obligé de donner une part de soi car elles font partie de nous, peu importe si elles sont bonnes ou mauvaise. C’est la vie, that’s life, sånt är livet ; )

« A piece of she » se traduit en français par « Un morceau d’elle ». Doit-on comprendre que cette production est un peu une intimité que tu installes avec ceux qui t’écoutent ?
« A Piece Of She » c’est une part de soi (de moi ou de celle ou celui qui écoute si toutefois ils se reconnaissent dans une chanson), c’est aussi une phrase qui fait référence à « do you want a piece of me ? », c’est à dire, quelqu’un qui cherche la bagarre avec l’autre / l’autre soi ; ), et… c’est aussi un jeu de mot afin d’annoncer l’album SHE qui sort en avril 2017 : « Une partie de » l’album SHE…

Tu avais également sorti un album « Chromatic », autoproduit. Sens-tu qu’il y a une vraie différence entre tes deux productions ? Qu’est-ce que tu as pu faire dans l’une qui n’est pas dans l’autre ?
L’une est plus mélancolique que l’autre, et peut-être aussi plus introvertie… Même si l’EP et l’album à venir cherchent encore plus loin les pourquoi et les comment, depuis CHROMATIC ma composition a changé. Non seulement j’utilise plus de tessitures vocales, ce qui élargit le champ pour la composition, mais même quand elle est triste, elle tient compte de plusieurs éléments ; plusieurs points de vu, et non un seul élément. Elle tient aussi compte du fait que la chanson ne m’appartient pas seulement à moi : une fois qu’elle existe elle appartient au publique et à celui qui veux bien l’entendre aussi. Je ne sais pas si c’est très clair car je suis en plein dans la production, maisdisons qu’aujourd’hui il y a du soleil malgré la nuit.

Puisque l’hiver est là, il y a-t-il un morceau en particulier que tu aimes écouter au coin du feu ?
Au coin du feu ? Je mettrais un album de Chet Baker p ex, ou … pourquoi pas la BO de Twin Peaks !

Et si tu pouvais collaborer avec un groupe ou un artiste tout style confondu ce serait ?
Ailleurs : J’aurais bien aimé un jour collaborer avec des artistes tel que Divine Comedy ou la chanteuse Karin Drejer Andersson, de Fever Ray, pour leurs richesses artistiques.
En France : Figurez vous que je viens de collaborer avec deux artistes Français qui viennent tous les deux de sortir leurs albums : Olivia Ruiz m’a demandé de composer sur un très beau texte de sa part… ce texte m’a beaucoup touché. La chanson s’appelle « Le Blanc Du Plafond ». C’est Edith Fambuena qui a fait l’arrangement du morceau.
J’ai aussi eu l’occasion de faire un duo avec Cali sur un titre. Je venais assister à (en tant que coach) l’enregistrement de sa voix en Anglais, et il m’a demandé de faire les chœurs. Puis il m’a demandé de chanter tel que je l’entendais sans sa voix. Il a été tellement content de la couleur que cela donnait à sa chanson, (et moi aussi), que, finalement, notre rencontre a donné lieu à ce duo… « Le mariage »…
C’est très étonnant car les univers de Olivia et de Cali sont très différents du mien. Pour moi c’est justement cela qui me nourri, c’est comme voyager dans d’autres pays.

As-tu d’autres projets à venir ?
La sortie de l album SHE en avril 2017 : ) !

Une petite anecdote pour finir ?
J’aimerais vous raconter l’histoire de la préparation de la pochette de l’EP par Annabel Salesa car c’est un vrai parcours où nous avons traversé plusieurs étapes, plusieurs périples, avant d’arriver à la photo de la pochette…Le matin, nous avons maquillé mon visage de cicatrices à chaque endroit où je m’étais fait mal dans le passé, tel un témoignage apparent du passé.Puis j’ai déjeuné dans cet état macabre avec des amiesoù nous avons parlé et ri, toutes cicatrices apparentes, et assumées. Ensuite,je me suisdémaquillée, afin de laisser apparaitre ce que je suis aujourd’hui. C’est à ce moment là que la photo a été prise. Ensuite, une fois la photo imprimée… Annabel a mis mon nom d’artiste « Annika And The Forest » et le titre de l’EP « A Piece Of She » devant mon visage comme un emblème de mon état actuel, puis elle a recouvert l’espace vide dans cette même photo de toutes mes paroles de textes, tel une interview.

Et nous te laissons le mot de la fin :
Plein de soleil ou … PAFF ! Une boule de neige !
Où que vous soyez, bonne année ; ) !

Publicités