Interview : Rétrospective

retrospective

Avec pour ambition de réconcilier rock et langue française, Jules, Gaëtan, Gauthier et Roman forment le groupe Rétrospective. Avec des influences bien diverses mais toujours un parfait équilibre entre énergie, sensibilité et poésie, les membres du groupe sortaient octobre 2016, un opus intitulé « Pendant que rien ne se passe ».
Puisant leur inspiration dans l’absurdité et la monotonie, les quatre garçons plein d’énergie ont accepté de répondre à nos questions le temps d’une interview.

Bonjour Rétrospective, pouvez-vous vous présenter en quelques mots pour ceux qui ne vous connaissent pas déjà ?
Jules : Salut ! Rétrospective c’est un groupe de 4 potes formé à Montpellier en 2014/2015 et qui tente de réconcilier le rock et la langue française ! Avec Gaëtan au chant et à la guitare, Gauthier à la basse, Jules aux tambours et Roman qui fait des solos. On a aussi sorti 2 EP.

Pouvez-vous nous parler de votre rencontre ?
Gaëtan : Avec Gauthier, qui était guitariste à la base, on s’est rencontrés à la fac et on a décidés de monter un projet. On a joué avec plusieurs potes pas très assidus et à l’époque on réarrangeait et retravaillait les morceaux que j’avais commencé à écrire quelques années plus tôt. On a fini par rencontrer Roman sur internet, il avait les mêmes influences que nous mais comme on était 3 gratteux, Gauthier s’est mis à la basse et on a joué quelques mois sans batteur. On connaissait Jules par le biais d’un ami mais comme il avait déjà un groupe, il fallait trouver un moyen de le convaincre de venir jouer avec nous. Il a fallu des semaines d’arguments béton mais il n’a pas trop l’air de regretter son choix. Grosso modo Rétrospective s’est officiellement formé début 2015 et est aussitôt parti à l’assaut des scènes de France.

Pourquoi ce nom « Rétrospective » ?
Gaëtan :Avant la sortie du premier EP il nous a fallu trouver un nom. On voulait un mot français, simple et qui ne sonne pas trop mal. On n’a franchement pas répondu à tous les critères (rires).

Vous dites dans votre biographie composer des « des morceaux à la fois énergiques et percutants, rappelant la spontanéité des mélodies venues tout droit d’outre-manche. ». Comment définiriez-vous votre style musical ?
Gauthier : 33%d’énergie Garage 33% de sensibilité et de mélodie Rock Indé 33% de poésie française.

Quels artistes et groupes vous inspirent aussi bien personnellement que pour la musique de Rétrospective ?
Gauthier : On a tous des goûts différents, mais on se retrouve tous autour du garage New-Yorkais (Velvet Underground, The Strokes, Television..) et du rock indé anglo saxon (ArcticMonkeys, Miles Kane, Oasis…).

Et qu’est-ce qui vous inspire en général quand vous écrivez et composez ?
Gaëtan :Tous ce qu’il y a d’absurde et de monotone dans la vie en ville, les gens qui se robotisent, les foules qui s’agitent sans penser, le temps qui file, la grande flemme générationnelle.
Jules : Finalement, la plupart de nos morceaux tentent de capturer la face cachée de la société française actuelle. L’isolement, le manque d’ambition, sortir pour oublier… sont autant de sujets qui nous concernent et nous tiennent à cœur.

Vous vous revendiquez groupe de rock français. La langue française a quelque chose en plus selon vous ?
Gaëtan : On est dans une période où dans ce style, la plupart de ce qui se fait est en anglais, même si ça sort des tripes de bons franchouillards. Le français peut paraître plus difficile à utiliser parce que ce n’est pas la langue à l’origine du style, et parce qu’ici,les gens le comprennent et si c’est bof, ça ne passe pas. L’employer c’est pour nous une façon de se démarquer et de prouver que même en 2016/2017, ce n’est pas qu’une langue utilisable dans le rap ou la variété.
Gauthier : Plus que Rock Français on cherche plus à faire du rock en français. La scène rock française c’est plus des groupes comme Noir Désir ou Luke. Mais effectivement c’est hyper important pour nous, on s’efforce de pas tomber dans la facilité de l’anglais et d’essayer de proposer des paroles de qualité, c’est d’ailleurs quelque chose de primordial.

Vous avez tout juste sorti un nouvel EP intitulé « Pendant que rien ne se passe ». Pouvez-vous nous parler de sa composition et de sa réalisation ?
Gaëtan :La composition a été vraiment différente d’un morceau à l’autre. « Le Costume est enfilé » est un morceau qui existait déjà à l’époque du premier EP, mais on le trouvait trop différent du reste de l’opus pour l’inclure. « En attendant l’aurore » a été composée directement à la suite du premier EP, en essayant de faire quelque chose d’un peu différent. « Sous la surface » et « Parce qu’il se fait tard » sont des morceaux qui ont été fait dans l’urgence pour compléter nos sets pour plusieurs concerts. On voulait quand même conserver une certaine cohérence avec les dernières compositions et finalement, en tant qu’éternels retardataires, ça nous a pas trop mal réussit de faire les choses dans la précipitation. D’un point de vue instrumental, ça a été très variables, chacun apportant des choses différentes en fonction des morceaux. Concernant les paroles, et comme pour le premier EP, c’est moi qui ai pris le stylo.
Gauthier : Pour ce qui est de la réalisation on a choisi le tennessee studio à Montpellier parce que plusieurs artistes qu’on apprécie y ont enregistré des morceaux. On y passé deux jours en juillet pour tout enregistrer et faire le mixage. Contrairement au premier EP on a voulu faire les choses jusqu’au bout, et sur les conseils du studio, on s’est tourné vers la Tomato Sound Factory pour faire le mastering.

Si vous n’aviez qu’un titre sur cette production à nous recommander ce serait lequel ? Et pourquoi ?
Roman : On dirait En Attendant l’Aurore, le choix n’est pas facile mais le morceau est dansant et la fin met vraiment la patate, idéal pour clôturer l’EP.

En septembre 2015 vous aviez également sorti une production. Est-ce qu’il y a une certaine évolution dans votre musique et qu’on remarque entre ces deux opus ?
Roman : Oui il y a une évolution. Le premier EP était marqué par des influences très prononcés sur certains morceaux. On a essayé de mélanger davantage nos influences et d’apporter une patte encore plus personnelle, tout en apportant un gain de maturité.

Avez-vous partagé la scène avec quelques artistes que vous souhaiteriez nous faire découvrir ?
Gaëtan : The Walkers ouMurder at the Pony Club,deuxgroupes cool de Montpellier.
Gauthier :On a joué deux fois avec Tycho Brahe un groupe de Stoner/Post-Rock hyper cool.
Roman : CNCRD, de l’electro-Rock Hyper balèze.
Jules : On joue régulièrement au Bric à Brac, un bar rock du centre-ville de Montpellier. On a récemment eu l’occasion d’y partager une soirée avec Miximetry, un jeune groupe electro-rock originaire de Nîmes. Unegrosse énergie live, des morceaux dansants qui ne cèdent pas à l’appel de la simplicité. Bref, une belle découverte.

Et si vous aviez l’opportunité de collaborer avec un artiste ou groupe tous style et notoriété confondus ce serait ?
Gaëtan :S’il était encore là, Lou Reed.
Gauthier :Clairement ce serait avec Birds In Row un groupe de punk-hardcore de Laval, mais malheureusement c’est du punk hardcore et le reste du groupe ne partage pas cette passion.
Roman : Daft Punk ou Django Django.
Jules : Dans un univers parallèle : Elliott Smith (paix à son âme) au chant et à la guitare folk, J Mascis (Dinosaur Jr) en guitariste soliste, Kim Deal (Pixies) à la basse, et bien sûr moi-même à la batterie !

Puisque Noël et les cadeaux étaient, il y a peu, d’actualité, est-ce que vous vous souvenez du premier album ou disque (ou cassette) qui vous attendais sous le sapin ?
Gaëtan :Un single d’Eminem, Lose Yourself.
Gauthier : C’était un CD de Kyo ou de Linkin Park je ne sais plus lequel était le premier.
Roman : Un album de Sum 41.
Jules : Pour le noël de mes 6 ans, ma grand-mère m’avait acheté l’album « Americana » d’Offspring. Sur la couverture, un petit garçon d’à peu près mon âge à l’époque se fait subitement dévorer par un monstre alors qu’il s’amuse tranquillement sur une balançoire. Merci Mamie.

Avez-vous des projets à venir pour 2017 ?
Roman :Le projet principal sera de composer de nouveaux morceaux parce que ça fait déjà quelques temps qu’on présente en boucle les actuels, et on a vraiment envie de neuf sur scène. On aimera cette fois-ci prendre plus de temps pour réfléchir et construire les morceaux. Le deuxième projet, c’est de continuer à faire toujours plus de scène, notamment des festivals, et pourquoi pas réenregistrer un opus.

Pour finir, auriez-vous une petite anecdote à partager avec nous ?
Jules : A l’époque où on cherchait une salle pour répéter, on s’était retrouvé accueilli par un mec super louche qui nous avait demandé de le suivre au fond d’une sorte de terrain vague où l’on aurait sûrement pu trouver plus de cadavre que dans un cimetière. Ensuite il nous invite nonchalamment à entrer dans un bâtiment type post-Tchernobyl. Ça sentait tellement l’embrouille qu’on s’attendait à voir des types cagoulés débarquer à tout moment pour nous détrousser. Et finalement non. C’était juste une salle de répète un peu miteuse avec une batterie pour enfant, quelques amplis couverts de poussière et des matelas contre les murs, louée pas loin du prix d’un billet d’entrée à Disneyland.

Et nous vous laissons le mot de la fin :
Merci à Amalgame pour l’interview et merci à tous ceux qui la liront, n’ayez pas peur d’aller écouter, même si vous êtes pas fan de rock ou de chant en français, au pire vous vous direz que c’était vraiment pas terrible et c’est toujours bien de dire qu’un truc est pas terrible.

Publicités