Interview : Dan Rico

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http://www.danrico.com/

Originaire de Chicago, Dan Rico mélange plusieurs générations de musique pop et sonorités rock’n roll. De Franck Sinatra aux Rolling Stones en passant par Elvis Presley, les influences de Dan Rico ne manquent pas. « Endless Love » sorti en 2016 dévoile tout le talent de ce multi-instrumentiste.
Nous n’avons pas traversé l’Atlantique mais notre interview si et voici les réponses de Dan Rico qui nous en dit plus sur sa musique.

Peux-tu te décrire en quelques mots ?
Je suis un musicien de Chicago, Illinois. Je chante, je compose, je joue de la guitare, de la basse, du clavier et de la batterie. J’aime danser. Ma musique s’adresse aux amateurs de rock’n’roll, mais j’espère qu’elle plait aussi aux autres, quel que soit leur âge.

Quand t’es-tu mis à la musique et à quel moment as-tu eu envie de la partager avec un public ?
La musique du disque provient de différents instants de ma vie, le plus vieux morceau « Endless Love » ayant été composé en 2011. J’ai beaucoup travaillé pour économiser et construire un modeste studio d’enregistrement à la maison. C’est là que j’ai donné vie aux chansons. C’est difficile de finalement lâcher un morceau qui a demandé énormément de travail. Aucun mix n’est vraiment parfait et je me suis senti comme un parent qui laisser partir son enfant pour l’université. Alors, je me suis fixé une deadline et je me suis promis de m’y tenir. Comme le dit Duke Ellington, « Je n’ai pas besoin de temps, j’ai besoin d’un délai ».

Comment définirais-tu ton style ?
Mes chansons mélangent plusieurs générations de rock’n’roll et de musique pop. Sur cet album un quart des morceaux est joué dans un style punk rapide. Le reste peut être considéré comme du rock’n’roll mélodique ou des balades. Il y a aussi quelques éléments électroniques expérimentaux ici ou là. J’essaye de ne jamais produire de chanson avec un genre défini en tête. Mon but est de parvenir à composer des choses intemporelles plutôt que de coller à une tendance du moment.

Quels artistes t’influencent ?
J’ai grandi en écoutant Elvis Presley, Michael Jackson, Queen et Frank Sinatra. Je me suis sentiattiré par leur charisme, leur jeu et leur romantisme. J’ai d’ailleurs interprété le rôle d’Elvis dans la pièce de l’école de l’âge de 7 à 10 ans. Aujourd’hui j’écoute surtout Prince, TRex, Sly and the Family Stone, The Rolling Stones, Neil Young. Comme la grande littérature, je préfère les classiques. Mais je passe aussi beaucoup de temps à simplement chercher – des musiques d’archives telles qu’en sortent les labels Numero Group et Light In The Attic au hip hop plus contemporain qui produit une des musiques les plus intéressantes du moment je trouve.

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Nous avons reçu ton très beau vinyle. Peux-tu nous parler de son enregistrement ?
Merci. En 2014, j’ai construit un petit studio chez moi à Chicago et je me suis mis au travail. Cet album a été enregistré en secret – sans fanfare. Ma famille et mes amis savaient que j’enregistrais constamment, mais ils n’avaient aucune idée du genre d’album que je préparais. Généralement, je m’empare d’une guitare acoustique ou électrique et j’en joue jusqu’à trouver un riff qui me plait. Ensuite, je l’enregistre sur mon téléphone portable. Il m’en vient parfois un seul dans la semaine, parfois c’est une douzaine en une journée. Je reviens dessus ensuite pour travailler les samples que j’ai enregistré, et je les développe pour en faire une chanson. J’ai joué tous les instruments moi-même sur l’album, sauf la batterie qui a été enregistrée avant que les compositions soient finalisées.

Est-ce qu’il y a un morceau que tu aimes particulièrement sur cet album ?
Je pense que « Don’t Look Back » est mon préféré. C’est l’une des premières chansons que j’ai enregistré pour l’album. J’étais dans une mauvaise période et l’enregistrement m’a fait du bien. J’aimel’ambiance de calme introspection qui s’en degage.

Tu as posté des demos sur soundcloud. Pourquoi un tel choix ? L’envie de partager un peu plus avec ton public ?
Je suis en général assez dubitatif sur le fait de dévoiler des enregistrements non terminés. Hemingway disait qu’en publiant des récits incomplets, on pouvait perdre un peu de leur puissance narrative. Ceci dit, partager ces vieilles démos offrela possibilité de comprendre le processus de composition et d’enregistrement.

Connais-tu la scène française ? Si oui, quels sont les artistes que tu aimes ?
Malheureusement, je ne connais pas grand-chose de la musique française, mis à part au travers de ma période Godard au collège. Grâce à lui, j’ai découvert Chantal Goya. La première fois que j’ai entendu l’intro de « Tu M’as Trop Menti », j’ai été fasciné par la production du morceau. J’ai beaucoup écouté la bande originale à une époque (du film Masculin Féminin sorti en 1966, ndlr).

C’était Noël et la saison des cadeaux il y a peu. Te souviens-tu du premier disque que tu as trouvé sous le sapin ?
La BO de « Wayne’s World ». J’ai adoré le film étant gamin et mes parents m’avaient offert le disque. Il y a de super morceaux dessus dont « BohemianRhapsody » que j’ai écouté en boucle. Plus tard, j’ai découvert que la chanson ne faisait que 4 minutes, alors que j’étais persuadé qu’elle en durait 10 tellement elle pouvait être épique !

Quels sont tes projets pour 2017 ?
En 2017, j’ai l’intention de tourner pour présenter « Endless Love » en Europe et ailleurs. Je vais aussi jouer dans d’autres projets aux Etats-Unis. Mais surtout j’ai hâte de retourner en studio et faire ce que j’aime le plus – écrire et enregistrer de la musique.

Comme c’est la tradition, peux-tu nous raconter une anecdote ?
Ah c’est la question la plus difficile. J’avais posté quelques morceaux de l’album sur bandcamp et demandé à un ami de faire une séance de shooting pour reproduire la pochette du premier album de Prince (mon préféré d’entre tous). Shit In Can Records, le label avec qui je travaille en Europe, est tombé sur les chansons par hasard et m’a contacté par email pour sortir l’album en vinyle. Vous connaissez la suite, mais ça montre bien à quel point Internet permet de connecter les gens !

Un dernier mot ?
Merci pour l’interview. Je suis très excité à l’idée de traverser l’Atlantique pour jouer ma musique ! Créer cet album fut un vrai plaisir et j’ai hâte de le partager en personne avec vos lecteurs.

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